La géo-poétique est un art de vivre, au fond. Au fond, la géo-poétique est une réconciliation avec ce qui nous entoure. Alchimie savante entre ce que nous sommes, nos limites, nos façons d’interagir et notre environnement.

Ce n’est pas être devant un beau paysage et s’esclaffer intérieurement : « Oh, quelle chance j’ai de pouvoir admirer ce paysage ! » Non, c’est un rapport intime de l’écoute, au fond de nous, qui nous relie à cette terre; qui est fait d’un avant, de toutes les rencontres déjà inscrites ; un pendant, où se réalise l’instant, et d’un après où tout est possible?

C’est mettre un pied confiant dans le réel, et envelopper de notre regard apaisé l’ordre naturel des choses.

Ce n’est pas penser la terre, c’est la vivre, en action, en pensées-action.

La géo-poétique a pour mission de nous ramener dans cette dimension sobre, où mille pensées peuvent s’évanouir, où une seule voix peut s’élever. Je ne sais pas si c’est se fondre dans la matière, c’est en tout cas en être plus proche, y vivre les mouvements ou les accompagner.

Bon, soyons sérieux un instant, la géo-poétique, qu’est-ce-que c’est vraiment? Avant tout, une aventure personnelle, une volonté qui laisse une place vivante à la relation entre l’homme et la Terre.

Un espace en soi, pour elle, elle, la Terre. Pour y créer une interaction, un lien, une dynamique.

Pour créer de l’intelligence au cœur…au cœur des choses en quelque sorte. Cette approche permet de se départir d’une façon superficielle que nous avons d’habiter les lieux pour ré-ouvrir le sensible, le lien qui existe avec le lieu que je traverse présentement.

La géo-poétique pourrait nous permettre de vivre pleinement la mémoire affective des lieux, mais bien plus que cela, utiliser ce sensible pour repenser, faire évoluer notre rapport au lieu, aux lieux.

Je vous laisse découvrir le texte inaugural de l’Institut international de géopoétique, par son créateur Kenneth White, où il termine en signifiant l’importance de relier poésie, pensée, science, ainsi que toutes les disciplines pour répondre à la question « qu’en est-il de la vie sur terre, qu’en est-il du monde ».