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  • #CodeSocial … au départ une idée

    #CodeSocial … au départ une idée

    Pourquoi un code social ?

    Voilà quelques temps que j’utilise l’expression #CodeSocial pour désigner une intuition qui m’a animé dans le cadre du développement de projets basés sur la coopération.

    J’ai longtemps eu du mal à l’exprimer, ce qui a créé des frustrations fortes dans mes implications au sein de CraoWiki, RadioPhare, iGenerator, Les Explorateurs du Web, Zoomacom et aussi dans La Ruche.

    Aujourd’hui, me plaçant enfin dans la position d’entreprendre, il était nécessaire que je clarifie mon intuition pour que l’action puisse être partagée et durable.

    CodeSocial et code source

    L’expression CodeSocial pour désigner le cœur du fonctionnement d’un projet repose sur l’analogie au fameux « Code Logiciel » plus souvent appelé « code source  » d’un programme informatique ou d’un langage destiné au web.

    Quand un ingénieur ou un développeur choisissent un logiciel pour le faire fonctionner ou pour participer à son développement, ils étudient le « code source  » pour voir comment il est codé. Le « code source » donne les informations nécessaires au fonctionnement du logiciel afin que l’ingénieur et le développeur puissent choisir et comprendre en toutes connaissances de cause.

    Definition du code source d’après Wikipédia

    “Le code source est un texte qui représente les instructions qui doivent être exécutées par un microprocesseur. Le code source se matérialise souvent sous la forme d’un ensemble de fichiers textes, écrits dans un langage de programmation permettant ainsi une meilleure compréhension par les humains. Une fois le code source écrit, il permet de générer une représentation binaire d’une séquence d’instructions exécutables par un microprocesseur.”

    Au vu de cette définition, on imagine très bien que la qualité d’un « code source » soit une des raisons du succès d’un logiciel. On peut aussi très bien imaginer qu’il faille une certaine rigueur de langage pour que le code puisse être compris et repris par d’autres.

    C’est à partir de cette analogie que j’ai construit le CodeSocial de ChezNous : j’ai souhaité que les lecteurs puissent choisir en conscience de s’impliquer dans le projet de ChezNous.

    Un code social permet de construire et faire perdurer le collectif. Aujourd’hui ce code passe par le numérique, qu’il faut intégrer.

    Tisser la confiance

    La raison fondamentale qui m’a poussé à approfondir cette notion est la recherche des conditions pour tisser des liens de confiance.
    Avec le temps, j’ai appris à quel point la confiance est fondamentale dans la réussite d’un projet réellement coopératif. De mon point de vue, c’est la seule façon de permettre la construction d’un bien commun géré de manière coopérative.

    Le CodeSocial est une analogie au code logiciel, donc ce n’est pas tout à fait la même chose.
    Il ne s’agit pas là du fonctionnement d’une machine mais d’un groupe d’humains dans un écosystème.

    Cette différence apporte une complexité à ne pas sous-estimer. Certains tentent actuellement de réduire l’humain à la machine en pensant qu’ils arriveront à reproduire une humanité faite de nombres et de chiffres. Je suis loin de penser que les transhumanistes parviendront à cela sans perdre ce qui fait notre singularité : l’intuition, l’amour, l’art, l’empathie…

    Pour comprendre comment réussir à ce que le CodeSocial de ChezNous atteigne son objectif, je me suis intéressé à la sémantique de cette expression.

    Le Code Logiciel est une affaire de langage … le « CodeSocial » aussi.

    D’après Wikipédia, « le mot ‘code’ vient du mot latin codex, qui désigne un format d’écrit, de taille parallélépipédique et constitué de pages reliées entre elles. »

    Et le terme ‘social’ renvoie à « une société, une communauté, une collectivité. Relatif aux sociétés commerciales, industrielles, financières. »

    Par extension :

    (Politique) Qui se préoccupe du fonctionnement de la société et de ses conséquences.
    (Écologie) Qui vit en société
    (Botanique) Qualifie une plante qui forme des peuplements denses,

    La jonction de ces deux termes expriment donc une vision globale qui a trait aux fondements de l’organisation d’une société. Le CodeSocial désigne l’ensemble des règles qui fondent les liens d’une organisation vivante dans son écosystème.

    Les atouts du code social

    A l’instar du Code Logiciel, le CodeSocial existe pour évoluer en suivant la volonté collective. Le choix d’une écriture en MotWiki (le fait d’accoler ces deux termes, par analogie là aussi avec le format d’écriture collaborative WIKI) souligne son caractère évolutif et coopératif. Du moins, c’est le chemin pris par ChezNous.

    La promesse de société a présenté la version 0.1 du CodeSocial de ChezNous au mois d’août 2012. Depuis, cette version s’est enrichie pour développer et préciser les différents modèles qui fondent nos actions, sur les plans :

    • économique
    • écologique
    • humain
    • technologique
    • financier
    • juridique
    • artistique

    ChezNous est aujourd’hui une SAS à capital variable créé le 14 février 2013 et compte 30 actionnaires à la date de publication de cet article.

    Il me semble que de nombreux projets pourraient être regardés à travers ce prisme afin d’aller au-delà des messages de communication qui sont souvent les seules informations disponibles.

    Les précisions sur le CodeSocial de ChezNous sont disponibles sur notre plateforme de contacts et de collaborations, à toutes personnes qui acceptent la seule condition demandée pour l’accès : la bienveillance.

  • L’ Observatoire

    L’Observatoire est une organisation vigilante des membres de ChezNous qui recherchent et analysent des données sur un mode collaboratif.  

    L’Observatoire de ChezNous est un espace de réflexion pluridisciplinaire sur des thèmes aussi fondamentaux que l’alimentation, l’éducation, l’énergie, l’habitat, la santé etc.
    C’est également un lieu propice au dialogue et aux débats menés dans le respect des points de vue de chacun(e).

    Principes : l’observatoire s’appuie sur le partage des connaissances et la mutualisation des compétences des membres de ChezNous et de ses partenaires. il s’agit de faire converger les données pour révéler la divergence des points de vue sur un sujet choisi. 

    Modes d’actions : veille et documentation collective, analyses collaboratives, co-lectures, repérage cartographique,

    Outils : le Wiki, des outils de veille et de benchmark, des modes de représentations de la connaissance telles les infographies (data mining), les cartes mentales (mind-map) etc.  

    Objectifs : les productions ainsi réalisées ont vocation à 

    1. constituer une base de connaissances  et de ressources multimédia spécifiées, qualifiées et qualifiables

    2. transmettre et partager des informations sur des thèmes spécifiques en vue de faciliter la mobilité dans le paysage et la connaissance

    3. former une communauté interactive et apprenante, en capacité de publier et de mener des actions dites d’éducation / évolution populaire, etc.

     

  • Ensemble pour « changer le monde »

    Ensemble pour « changer le monde »

    Seuls ceux qui sont assez fous pour penser qu’ils peuvent changer le monde y parviennent. Jack Kerouac

    Les colibris et l’incendie

    La légende du colibri (1), chère à Pierre Rabhi, inspire nombre d’entre-nous. « Je fais ma part » . Nous sommes, aujourd’hui, des millions de par le monde à tenter de faire notre part pour essayer d’éteindre l’immense incendie que la démiurgie prométhéenne qui nous anime depuis trois siècles a déchaîné..

    Il n’est plus absurde de penser qu’à relativement brève échéance (un ou deux siècles) l’humanité puisse disparaître (sous l’effet de la montée des eaux – plus de 60 mètres si toutes les banquises fondent – ou parce qu’elle aura été remplacée par des « transhumains », de super-robots plus « intelligents » que nous)..

    Face à un tel incendie à quoi peuvent servir toutes ces gouttes d’eau, fussent-elles des millions ? À rien. Si elles tombent séparément, elles se seront toutes évaporées avant d’atteindre le sol. L’incendie sera toujours le plus fort. Par contre, si elles s’assemblent, toutes, en une pluie torrentielle, alors celle-ci pourra éteindre le feu, alors notre « agitation » ne sera plus « dérisoire ».

    Les nouveaux acteurs

    Telle est la situation où nous nous trouvons aujourd’hui. « Je fais ma part » : la prise de conscience progresse rapidement et les « colibris », les femmes et les hommes engagés dans l’action, sont de plus en plus nombreux ; ils ont à leur disposition de nouveaux moyens de communication, de mise en réseau, de travail collaboratif de plus en plus performants. Manque le déclic qui transformerait en un vaste mouvement, en une vague irrésistible, ces millions de gouttelettes aujourd’hui dispersées.

    Comment les réunir ? Certainement pas selon les anciens schémas. Les nouveaux acteurs sociaux sont « autonomes (2) » : ils ne veulent plus appartenir à des structures centralisées, hiérarchisées, avoir des « chefs » ; ils refusent les idéologies ; ils sont dans l’horizontalité, la transversalité, les réseaux. Beaucoup d’entre-nous travaillons déjà ainsi.

    Si nous ne sommes pas capables de concevoir, ensemble, de nouvelles formes de rassemblement et d’action qui respectent ces conditions, nous n’arriverons à rien : il nous faut inventer du collectif (du politique) hors de l’organisationnel.

    Nous nous trouvons donc dans cette situation d’avoir à bouleverser les structures de pouvoir en annulant, dans ce mouvement, les effets de pouvoir que ne peut manquer d’engendrer ce bouleversement même. Ce qui suppose que nous repensions entièrement les conditions de l’action dite « politique ». Rien de ce qui est maintenant disponible en ce champ (idéologies, formes d’organisation) n’est adéquat à la tâche, urgente, qui nous attend (3)

    Une vague irrésistible

    Les moyens techniques, nous l’avons vu, sont à notre disposition. Et beaucoup travaillent de concert, en ce moment même, à leur amélioration et à garantir leur indépendance. Pour, espérons-le, engendrer l’outil qui rassemblera tous les « colibris » sur un immense réseau et leur permettra, si nécessaire, d’agir ensemble. Un outil sur lequel pourront se retrouver les nombreux réseaux déjà existant mais aussi les acteurs qui veulent rester indépendants. Un outil aussi facilement appropriable que le sont, aujourd’hui, Google ou Facebook. Un tel outil décuplera notre efficacité.

    Mais pour se rapprocher les uns des autres, il faut d’abord se connaître : d’où le besoin d’un annuaire de toutes celles et ceux, structures ou individus, qui sont déjà dans l’action pour changer le monde, sur le terrain, dans les alternatives, dans la transition. Faisons, tous ensemble, l’inventaire, le plus complet possible, des acteurs du changement, classés géographiquement et thématiquement. Nous constaterons alors que nous sommes beaucoup plus nombreux que nous ne le pensons. Et nous pourrons multiplier les contacts entre nous.

    Retrouver du/le Sens

    Manque également une vision qui aide à nous rassembler et à convaincre tous ceux qui n’ont pas encore ouvert les yeux.

    L’action politique ne peut réussir que si elle réussit à « amalgamer des « majorités » qui additionnent des groupes sans ancrage déterminé » … Elle suppose un projet culturel, de société, qui – comme ce fut le cas du projet socialiste – transforme en énergie politique l’exigence morale et le besoin de donner un sens à l’avenir … une « utopie » capable de donner à la troisième révolution industrielle un sens (4).

    L’utopie que Gorz appelle de ses vœux est déjà bien incarnée. Des millions de personnes la vivent au quotidien. Nombre de briques qui serviront pour bâtir la nouvelle société sont en place, ici ou là. Ce qu’il faut faire, maintenant, collectivement, c’est imaginer une nouvelle « architecture ».
    Pas une nouvelle idéologie, un nouveau truc en « …isme ». Juste faire émerger un sens fédérateur. Il n’émanera aucunement d’intellectuels ou de penseurs « éclairés » (bien que nombre d’entre-eux aient une pierre à apporter à l’édifice), mais sera le produit de notre réflexion commune. De la base va émerger une conscience collective (5).

    Nous pouvons tous, selon notre disponibilité, participer à la rédaction d’un nouveau « Manifeste », ouvert et évolutif, un « work in progress » qui rassemble autour de lui, pour son élaboration comme pour sa diffusion, un maximum d’entre nous. Commençons par en proposer une ébauche, quelque chose de fort dans son contenu et de percutant dans sa forme.

    Seul, dans sa fragilité, le verbe peut rassembler la foule des hommes pour que le déferlement de la violence se transforme en reconstruction conviviale (6).

    S’engager

    Pour enclencher le processus, initier la démarche, il faut une action volontariste. Que toutes celles et ceux qui sont intéressés par ce projet de transversalité entrent en contact, commencent à faire un « inventaire », réfléchissent à une esquisse de « Manifeste », enclenchent le mouvement… Créons, pour cela, une structure informelle, ouverte, évolutive, transparente : ainsi autonomie des acteurs et ébauche d’une pensée et d’une action collectives ne s’opposeront plus mais, au contraire, s’enrichiront mutuellement (7).

    Isolés, les colibris ne servent « à rien » ; or, sans eux, rien n’est possible : c’est en dépassant ce paradoxe que nous pourrons espérer faire reculer l’incendie.

    Bernard Vatrican

    1 – Un jour, dit la légende, il y eut un immense incendie de forêt.
    Tous les animaux terrifiés, atterrés, observaient impuissants le désastre.
    Seul le petit colibri s’activait, allant chercher quelques gouttes avec son bec pour les jeter sur le feu.
    Après un moment, le tatou, agacé par cette agitation dérisoire, lui dit :
    « Colibri ! Tu n’es pas fou ? Ce n’est pas avec ces gouttes d’eau que tu vas éteindre le feu ! »
    Et le colibri lui répondit : « Je le sais, mais je fais ma part. »

    2 – L’autonome est un individu qui refuse l’appartenance et la compétition, qui est responsable, qui a le sens de l’altérité, qui est donc en lien avec les autres et avec le monde ; un individu non individualiste.

    3 – Jean-Tousaint Desanti, Sur la crise, in Encyclopedia Universalis, Supplément 1980, Organum, tome 1, page 7.

    4 – André GORZ, Métamorphoses du travail Quête du sens, Galilée, 1988 ; p. 125-6. Gorz cite, ici, Peter Glotz (secrétaire exécutif du SPD de 1981 à 1987), Manifest für eine neue europaïsche Linke, Berlin, 1985.

    5 – Serge Mongeau, le père de la simplicité volontaire, au Québec.

    6 – Ivan Illich – La convivialité – (v. f. en collaboration avec Luce Giard et Vincent Bardet) – Le Seuil, 1973 ; p. 157.

    7 – nstituant, ainsi, une praxis qui corresponde aux vœux de Castoriadis : en rien « l’application d’un savoir préalable » mais s’appuyant sur un savoir qui émerge de l’activité elle-même, interdisant par là toute position d’extériorité et de domination – D’après Philippe Caumières, in Autonomie ou barbarie, ouvrage collectif sous la direction de Manuel Cervera-Marzal et Éric Fabri, le passager clandestin, 2015 ; p. 205.

  • Pourquoi ce nom ? Ce logo ?

    Pourquoi ce nom ? Ce logo ?

    ChezNous ? D’où vient ce nom ?

    ChezNous est une façon simple de rappeler que nous avons tous une maison commune : la planète terre est notre demeure.

    Au regard des missions que nous nous sommes données, nous avons choisi de faire de ChezNous un bien commun. ChezNous agit au service et en collaboration avec toutes les énergies permettant de construire un monde de paix au profit des enfants du monde.

    Comprendre notre logo

    Nous avons choisi les couleurs du logo en pensant à la tradition kabile qui associe le jaune au soleil, le bleu à la mer, le vert à la nature et le rouge au sang pour nous rappeler que nous partageons tous cette approche du Vivant.

    Nous avons choisi l’écriture MotWiki en clin d’œil à l’un des fondements de cet outil de publication sur le Web. Le MotWiki permet de créer très facilement des liens entre des pages de contenus. ChezNous se donne comme mission d’être un facilitateur de liens sociaux afin de favoriser l’action collective. L’utilisation de l’écriture wiki est aussi motivée pour rendre hommage à la CommunautéWiki qui explore depuis des années de nouvelles formes de coopération et d’organisation collective.

    Si le Nous est en gras, c’est pour souligner notre volonté d’affirmer collectivement notre conscience d’interdépendance.

  • Les Nouveaux Colporteurs

    Les Nouveaux Colporteurs

    La mère, … j’ai quelque chose pour vous !

    Là, … dans le dernier casier de ma boîte à malices …

    Ainsi pouvait interpeller dans la foule du marché le colporteur du siècle dernier en proposant alors une tisane souveraine pour soulager les trois quarts des maux dont l’humanité est affligée : diabète, indigestion, rhumatismes, acné, séborrhée…

    Le Colporteur du vingt-et-unième siècle sera aussi, comme son aïeul, ce marcheur infatigable, ce messager porteur de nouvelles …et d’une relation de qualité entre le citoyen, la technique et la société

    Contexte et objectifs du projet Le colportage est aujourd’hui perçu comme une activité pittoresque plutôt associée à la mendicité.

    C’est pourtant une pratique ancestrale dont on trouve déjà des traces au XVème siècle, et ce véritable métier a joué au 19eme et au début du siècle dernier un rôle essentiel dans la vie des français. Présents sur l’ensemble du territoire et proposant leurs produits jusqu’aux zones rurales les plus reculées, les “porte-balle” font alors partie intégrante du monde des campagnes et des petites bourgades. Ils sont des personnages connus et attendus qui, tout à la fois, amènent les outils de la distraction et les nouvelles de la ville. Le colporteur est alors le lien qui unit les hameaux aux villages et les communes aux chefs-lieux de cantons il est porteur de culture et de la modernité.

    Mais cette activité a périclité en raison de son inadaptation aux évolutions de la société en matière de transport et de l’inadaptation des produits proposés (almanachs, chansonnettes, produits de mercerie etc…) qui constituaient le fond de commerce des colporteurs et qui sont devenus obsolètes face aux propositions de produits du quotidien faites par des marchands ambulants locaux ou des voyageurs de commerce, nantis d’une voiture à cheval et transportant un stock beaucoup plus important, vendant aux particuliers ou jouant le rôle de grossistes ambulants auprès des mercières et des quincailliers des villages.

    Et puis, au cours des années, dans nombre de domaines, nous avons glissé du citoyen à l’usager ou au client dans une révolution qui est tellement passée inaperçue que la nature et la finalité de l’usage des biens et des services ont été oubliée et que seul l’acte économique a été perçu et non plus ce qui relevait de l’échange.

    Dans le contexte qui est aujourd’hui le nôtre, à partir d’une interrogation sur la place et l’usage de la technique et l’utilité des produits logiciels et des moyens de communication dans leur relation avec la société et le citoyen, le Nouveau Colporteur se fixe pour ambition de penser des services de proximité qui “fasse société”, qui encouragent la participation et la solidarité via la création et l’affiliation à des réseaux de citoyens.

    Le projet nouveau colporteur repose sur l’idée simple que la maîtrise des usages des biens et des services issus de nouvelles technologies par les usagers nécessite de réinventer la proximité car ni l’individu ni la technique ne peuvent être déconnectés et se passer du monde qui les entourent.

    Le principe d’activation du nouveau Colporteur repose sur le paradigme que la technologie ne fait pas disparaître le lien social à la condition de considérer l’absurdité du concept de “village global” s’il n’existe pas simultanément d’espaces et de villages locaux et d’habitants qui puissent échanger et communiquer entre eux sur des modes non virtuels et instrumentés mais réels.

    Pour le nouveau colporteur, les outils techniques de communication ne sont pas un substitut aux relations de face à face : nous sommes faits de chair et d’os et l’humanité est en premier lieu une rencontre physique à l’autre.

    Il s’agit de permettre le développement d’une nouvelle activité, d’un bouquet de services de proximité qui reposent sur la promotion de la communication et des logiciels libres et des usages des logiciels relationnels avec la création de réseaux d’utilisateurs locaux et la distribution de biens culturels basés sur les nouvelles technologies et internet ; ces objets constituant actuellement le plus dynamique espace de liens sociaux et de formation mutuelle que l’on puisse imaginer.

    Le nouveau colporteur est un éducateur populaire non sédentaire dont l’activité repose sur la distribution directe d’objets communicants. Cette activité repose aussi sur un réseau de compétences qu’il s’est constitué pour lequel il réalise du courtage en prestations lorsqu’il ne peut intervenir lui-même.

    Le but du projet nouveau colporteur est de proposer un éventail de services qui permettent une appropriation sociale des nouvelles technologies dans la proximité.

    Face à des contraintes nouvelles, le projet nouveau colporteur fait le pari de pouvoir faire naître une organisation, une coopération et une communication interpersonnelles d’un type nouveau qui vont permettre à des synergies d’un modèle cellulaire humain en réseau de se développer.

    ‘Les objectifs et missions de la période d’émergence et de consolidation du projet au cours concernent :’

    • la construction du catalogue du “ Nouveau Colporteur ”. Il s’agit de rencontrer, sur les fondements du projet, différents créateurs d’objets communicants et intervenants et de définir avec eux la nature du contrat collaboratif qui pourrait être mis en place.

    • la validation et la structuration en grandeur nature des intuitions et du travail immatériel d’auto formation et de conception, des expériences diverses menées depuis plus de trois années par le porteur du projet, avec des succès divers, qui ont fondé la démarche.

     

  • L’écosystème des Territoires de la vie locale

    L’écosystème des Territoires de la vie locale

    Yorghos Remvikos, professeur de santé environnementale revient lors de cet entretien pour ecosysteme sante sur les 4 mots composants le titre du master qu’il dirige Santé Environnement territoire et Société

     

  • Patrimoine et usages numériques

    Patrimoine et usages numériques

    Le 19 mai dernier, à Ardes-sur-Couze, s’est déroulé le 1er Laboratoire des Usages Numériques (LUN) sur les thèmes du tourisme et du patrimoine. Initié par le Pays d’Issoire Val d’Allier, dans le cadre d’une démarche menée par le Conseil Régional d’Auvergne, cet atelier a rassemblé une soixantaine d’acteurs : associations, institutions, entrepreneurs et professionnels du tourisme.

    En sous-groupes, ont été abordées différentes thématiques parmi lesquelles la valorisation du patrimoine. ¾ d’heure étaient accordés pour émettre nos points de vue relatifs à l’enjeu du développement des nouvelles technologies et de la dématérialisation des données.

    ChezNous était présent. Voici ce que nous avons retenu.

    Comment le numérique peut-il être un levier de dynamisation du territoire, en matière de patrimoine (naturel et culturel,  architectural et mémoriel) ?

    Les acteurs rassemblés autour de cette question se sont accordés à dire que la démarche vise non seulement les visiteurs mais aussi, et surtout, les habitants dont le public jeune.

    Les outils numériques visant à valoriser le patrimoine s’adressent ainsi à l’ensemble des personnes à même d’être intéressées par approfondir sa connaissance du territoire.

    1. Une démarche pédagogique : mieux connaître son territoire

    Les acteurs présents se sont enthousiasmés pour la création d’un « Wikipédia local », sorte d’encyclopédie numérique à laquelle chacun(e) contribuerait : autant l’acteur associatif patrimonial détenteur d’un savoir spécifique que l’habitant ou le touriste qui vit le territoire.

    La valorisation du patrimoine s’effectuerait dès lors par la mise en commun d’informations et de ressources à la portée de chacun(e) : descriptifs par les acteurs associatifs compétents, récits et témoignages d’anciens habitants, photographies de visiteurs que viendraient compléter les plans cadastraux mis à disposition par les mairies, par exemple.

    Au delà de l’inventaire et de l’archivage des données, il s’agirait fondamentalement de partager des connaissances en donnant à voir différents points de vue. L’intérêt des usages numériques réside ainsi dans la possibilité d’accéder à la fois à l’expertise du géobiologue, à la mise en perspective par l’historien ou encore au regard de l’artiste sur un même territoire ; mais aussi, de pouvoir poser des questions, commenter et abonder en informations en tant qu’habitant passionné ou curieux.

    En partageant ainsi leurs connaissances, on peut supposer que les habitants vivront d’autant mieux leur territoire, valorisant par là –même leurs savoirs.

    2. Une démarche participative : faire vivre son territoire

    Il a bien été souligné que la condition préalable demeure toutefois la maitrise des supports d’expression.  La participation citoyenne à la valorisation patrimoniale au moyen d’outils numériques repose autant sur l’accès aux applications et outils de communication qu’à la culture de  nouveaux savoir – faire.

    Il s’agit alors d’accompagner ce mouvement par de la formation aux usages collaboratifs qu’offrent les outils numériques. Des ateliers dédiés à la mise en commun de données sur le patrimoine peuvent être une façon d’apprendre comment photographier et mettre en ligne, rédiger et publier, effectuer des recherches, réaliser une cartographie, etc. Bref, partager de façon co-opérative des données numérisées.

    Il est à noter que l’ensemble des acteurs a intérêt à :

    • coopérer pour éviter de reproduire les mêmes informations,

    • mutualiser des ressources et des compétences communes,

    • contribuer pour façonner une ‘communauté de savoirs et de pratiques’ complémentaires.

    Par la mutualisation de ces données, à laquelle participe directement le mouvement d’Open Data, s’esquisse alors un bien commun informationnel. Les informations, tantôt sectorisées, deviendront accessibles à tous, contribuant à enrichir et dynamiser le regard des habitants sur leur patrimoine.

    3. Une démarche ludique : tisser de nouveaux liens

    Toutefois, les usages numériques ne sauraient être exclusifs ni les nouvelles technologies faire écran à la réalité tangible qu’offre le territoire. Les différents acteurs de ce 1er LUN ont ainsi bien souligné la nécessité de maintenir et développer les interactions avec  le «réel».

    L’exposition virtuelle ou en 3 D (dimensions) d’un site ne saurait donc donner une vue exhaustive mais plutôt offrir une « bande-annonce » invitant à la découverte in situ.

    D’autres exemples ayant fait leurs preuves pourraient se multiplier et ainsi diversifier l’expérience vécue sur le territoire : circuits de balades avec QR codes,  jeux de pistes de type géocaching, etc.

    La réalité du territoire apparaît alors augmentée par la capacité d’accès supplémentaire qu’offrent les applications numériques.

    L’expérience réellement vécue est démultipliée par différents canaux d’accès, à l’instar des guides bénévoles qui une fois contactés par internet peuvent animer une rencontre sur le terrain : http://www.greeters.fr

    Une convergence d’acteurs, professionnels du tourisme ou habitants,  animera et enrichira ainsi les savoirs sur le territoire et son patrimoine. Disposés aux usages collaboratifs du numérique, les acteurs professionnels et associatifs rassembleront des données aujourd’hui disparates, et construiront avec la participation des habitants, également sensibilisés à ces enjeux, un système d’informations territoriales.

    4. Une démarche à expérimenter ensemble :

    Manifestement prêts à passer à l’acte, les acteurs en présence se sont questionnés sur les modalités de mise en œuvre d’un tel support d’informations contributives. Le débat a notamment porté sur l’accès libre des données (open data) ou la hiérarchisation et la validation des contenus.

    Le constat a été fait que les technologies numériques permettent de retrouver rapidement les informations  avec la possibilité d’utiliser des mots clés (#tags). De telles pratiques facilitent dès lors l’organisation des contenus, certains pouvant être validés par les acteurs ressources et d’autres laissés à la responsabilité de leurs auteurs.

    > Clef d’entrée : sa localité

    Pour commencer, les acteurs préconisent de lancer des groupes “patrimoine” par village.

    En tant que médiateur numérique et média contributif de proximité, ChezNous propose de tester un système d’information en cours de déploiement sur le Pays d’Issoire. L’axe “patrimoine” étant un des axes privilégiés de ses “sites web locaux d’information”, ChezNous propose aux acteurs présents de tester cet usage à la fin d’été 2015.

    L’idée est d’amorcer avec les acteurs volontaires, une arborescence de données numérisées afin de dessiner un «paysage de connaissances» qui participera directement à valoriser le patrimoine local par une reconnaissance des savoirs des habitants et acteurs du territoire.

    Alors, rendez-vous pris ?  🙂

    Pour contribuer à cette démarche, contactez : concierge@cheznous.coop

     

  • Michel Serres : « Google vole la propriété à grande échelle »

    Michel Serres : « Google vole la propriété à grande échelle »

    On ne présente plus Michel Serres, dans une récente interview donnée au journal du dimanche. Il met en avant plusieurs thèmes qui sont au centre de l’action de ChezNous. Tout d’abord il parle de la fonction de « dataire ». Une nouvelle profession dont la mission serait la conservation des données. A l’image du notaire, ce tiers de confiance serait un nouvel acteur de l’économie numérique et proposerait une alternative décentraliser à des acteurs comme Google ou autre GAFA.

     

    Mais au final, c’est toujours être lié à deux Big Brother : le Big Brother du privé ou le Big Brother de l’État. Je propose que pour les données, il y ait une dispersion de gens qui en aient la garde en toute confiance.– Michel Serres

    Il insiste sur la solitude et l’importance de créer de nouvelles solidarités.

    Les métiers distribués par les nouvelles technologies, on peut toujours les faire à distance, chez soi. Du coup, les anciennes appartenances, que ce soient celles des métiers, des religions, des mouvements politiques, sont en train de se défaire et de se défaire complètement. Ces appartenances disparaissent et avec elle d’anciennes solidarités. Il faut en créer de nouvelles.– Michel Serres

     

    Michel Serres emploie l’image de la Tour Eiffel pour illustrer la société hiérarchique qui est en opposition avec la société en réseau. En reconnaissant que « toutes les institutions sont encore celle de l’ancien monde » il se demande « Comment faire pour inventer une nouvelle démocratie? ». Beaucoup d’acteurs sont en train de se poser cette question cruciale pour une sereine intégration de la révolution numérique aux services de l’homme et la nature.

    Michel Serres livre un intéressant point de vue sur la question du pouvoir des marques. Il nous rappelle qu’une marque « c’est le fait de marquer quelque chose ». Reprenant l’image des vêtements marqués à son nom, il nous rappelle que depuis longtemps « La marque vous a volé une propriété, elle vous vend un objet mais elle garde la propriété, puisqu’elle est la marque. »

     

    source : Journal du dimanche du 18 mai 2015

     

  • Provisions et emprunts : deux organisations spatiotemporelles

    L’emprunt sur le milieu naturel

    Depuis quelques temps, on est inquiet pour les thons : l’espèce du thon rouge en méditérannée est sur le point de disparaître à l’état naturel (voir ce lien illustrant ce sujet) . Heureusement, des mesures de régulation et l’arrivée de quotas permet actuellement de gérer le nombre de thon, et de conserver l’activité de la pêche.

    Des navires bourrés de haute technologie, d’une valeur conséquente, doivent être amortis en ramenant leur ratio de pêche. En achetant le navire, on prend directement un crédit, sur la population de thons; le remboursement du crédit dépend du nombre de thons pêchés : acheter un équipement pour pêcher le thon, c’est prendre un emprunt sur le futur du milieu naturel.

    Provisions

    De petites structures, toujours dans le monde agricole, fonctionnent sur le système des provisions : il s’agit de récupérer des graines ou des matières appropriées à la culture que l’on souhaite mettre en place, permettant ainsi d’assurer la saison suivante. Pour organiser les provisions, on pratique l’épargne. On peut faire évoluer ses cultures, selon l’évolution des conditions au fil des années, repérer de nouvelles façons, et à ce titre profiter de la biodiversité. Celle-ci est alors exploitable et nécessaire pour l’équilibre sur le long terme. Cela vaut peut-être l’expression « épargner la nature »…

    Des avenirs différents

    Cette logique peut aller très loin, par exemple en arboriculture, où des plantations sont réalisées pour ‘l’usufruit‘, et non pas le ‘profit’, de générations plus lointaines (parfois 3 générations). Entre emprunts et usufruit, l’avenir est donc différent. Dans le cas de provisions, si les conditions naturelles sont défavorables, on peut toujours être actif pour s’adapter. On profite alors de la diversité du milieu. Dans le cas d’un crédit, il est très difficile d’évoluer sous la pression : les traites passent très vites, et sont irréversibles. Emprunt ou provision, la sémantique est très nuancée. Cependant, le milieu naturel semble directement être concerné.

    Repères : 

    – Organisme : CCFD Terre Solidaire

    – Articles : La pêche au Thon

  • La transmission de connaissances dans le rural

    La structure traditionnelle de transmission dans le monde rural, s’est toujours appuyée sur le passage de connaissance entre générations. Ce passage de connaissance, doublé d’une solidarité au profit des plus agés, a été rompu pour des raisons bien expliquées, lors de la période de l’exode rural. Ceci a occasionné une révolution profonde des pratiques agricoles orientées vers la productivité.

    Le mouvement de l’agriculture bio essaye de reprendre le fil de la transmission et de la solidarité, en changeant légèrement l’axe. Les deux principes retenus sont les formations et le woofing. Le Woofing est une technique de solidarité permettant de transmettre des connaissances non pas à des générations successives, mais à des personnes ayant d’autres territoires. L’échange entre territoires y est effectif, et le temps est apprécié autrement : il s’agit de juger si des graines de connaissances semées ici portent leurs fruits ailleurs au bout de quelques années.

    Le woofing hérite également d’une culture de l’échange existant dans le monde agricole. Le volume des exploitations pouvant profiter de cet apport de main d’oeuvre en ‘préformation’, non professionnelle mais attirée par les activités agricoles, des circuits de distribution locaux peuvent apparaître ou se développer : vente à la ferme, marché, création d’épicerie bio, restauration.

    L’agriculture reste un métier en prise avec les « Géants« , qui parfois jouent des tours, parfois apportent la profusion. Elle demande une structure sachant évoluer, et pour cela il faut avoir la possibilité de travailler collectivement. L’apport de la technique est forcément utile, mais le stade où elle occulte les éléments est peut-être à surveiller. A ce niveau, le web peut apporter, avec des idées comme le woofing, un surplus de connaissances permettant d’amortir l’évolution des situations dans le temps.