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Certains, ceux qui grimacent ou se figent dans un rictus marchand, avaient pensé la mondialisation comme un terrain sans territoire, le prolongement d’on ne sait quel algorithme ravageur où tout ce qui vit se retrouve soumis à la loi du marché. Le village planétaire était dénaturé, il avait la dégaine d’une métropole fumante, avec ses zones industrielles garnies de tôles désolantes, ses Silicone Valley et ses centres urbains déshumanisés, ses campagnes délaissées ou livrées aux maîtres de l’agrochimie. Ce sourire à vrai dire était évidemment crispé.

Mais les territoires qui ont la peau dure, les citoyens et les êtres qui vivent quelque part reprirent le pouvoir là où il se donnait à l’abondance et la simplicité, là où il se savait frère et sœur d’un nouveau monde à inventer. C’était urgent et ça pouvait être un jeu de révolution tranquille, de coopération, d’intelligence et de solidarité. Vu du futur, la révolution du sourire fut telle une effervescence, telle une ruche. Des maisons de Chez Nous fleurirent, une vie locale menée hors des crèmeries policées, tout un réseau d’échanges faisant de la technologie un bien commun, du droit d’auteur et d’éditeur un acte jardinier.

Ce fut on le sait viral. Tout changea alors de village en village, de territoire en territoires, restituant au bourg planétaire tout le corps de son humanité. Les matrices de richesse, l’appartenance à la nature, le modèle social et humain en furent bouleversés. Certes on frisa d’un rien la catastrophe mais peut-être qu’il fallait toucher un jour le fond pour mieux tous remonter. Nous étions ceux que nous attendions, résolument rêveurs, plein de belle utopie qui se propageait et qui agissait. Et qui fut déterminante.

Depuis le futur et avec le sourire, Patrick Fischmann.

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